Responsabilité des enterprises  in english »
Relever le défi global
Acceuil
Introduction
Aperçu sur l'industrie
Codes et standards
Enjeux économiques
La RSE dans le monde
Gallerie
Ressources
Détails du contact


E-mail cet article
To:

From:

Home » La RSE dans le monde » Consultative Group on Int. Agricultural Research

La technologie au service des communautés défavorisées et de l'environnement: la responsabilité sociale des entreprises appliquée à la recherche agricole internationale

Ian Johnson,
Président du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI)

Sam Dryden, Président du comité secteur privé du GCRAI

"L'idée que le monde scientifique soit divisé en deux constitue un anathème pour l'esprit scientifique. L'engagement des scientifiques et des institutions scientifiques du monde entier s'impose pour apporter à tous les bienfaits de la science." Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies

La communauté internationale aspire à réduire la pauvreté et la faim de moitié d'ici à 2015.

La science et la technologie appliquées à l'agriculture ont contribué à l'apparition de variétés hautement productrices, à l'irrigation et à de meilleures pratiques agricoles qui ont permis de remarquables gains de productivité notamment en ce qui concerne la culture vivrière. Avancées qui ont permis de réduire la faim dans le monde et de préserver la conversion des terrains à une exploitation agricole. En ce qui concerne les pays les moins avancés, le développement rural, grâce au secteur agricole, constitue la principale source de la croissance économique durable nécessaire au recul de la pauvreté.

Toutefois, malgré d'importants efforts, le développement durable en milieu rural reste élusif, 1,2 milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, 800 millions ont faim et les écosystèmes sont sous pression. La demande alimentaire dans les pays en développement doublera au cours des 30 à 40 prochaines années.

Le savoir scientifique continuera à apporter une large contribution pour relever les défis auxquels est confrontée l'humanité. Les récents progrès dans la gestion des ressources naturelles, la technologie de l'information, la génétique et les sciences biologiques réservent de grandes promesses pour le bien être de l'humanité.

Scientifique

Le défi consiste à mettre les bénéfices de la technologie moderne au service des régions rurales et de l'environnement. Cette démarche nécessite de comprendre les facteurs contextuels affectant les échanges des solutions scientifiques, comme les droits de la propriété intellectuelle et des règles commerciales et les frontières évolutives entre le secteur public et le secteur privé. Elle nécessite également de nouer un dialogue portant sur les modèles innovants de partenariats pour mobiliser les avantages comparatifs des secteurs public et privé.

Le secteur privé, tant les petites exploitations que les grandes groupes multinationaux, présente un avantage comparatif distinct en matière de développement et de distribution des produits. Cet avantage contribue considérablement à la croissance économique mondiale et accroît la richesse de bien des personnes. En même temps, il y a une prise de conscience au sein du secteur privé que la majorité du secteur rural mondial n'a pas encore pris part à cette croissance. De même, nous notons une prise en compte du contexte social où le secteur privé opère ainsi que son impact sur l'environnement.

Le concept de responsabilité sociale des entreprises a émergé comme un important sujet de discussions et de débats et, avec bon espoir, d'améliorations. L'enjeu réside dans le besoin de chaque secteur économique de réconcilier les forces créatives de l'entreprenariat privé avec les besoins et les exigences des générations futures désavantagées.

Il est important de prendre en considération le nouveau contexte de la recherche internationale agricole.

Traditionnellement, l'innovation agricole était favorisée par une culture scientifique de coopération et de libre échange des informations. Elle était financée par les gouvernements et les fondations nationales. Les centres de recherche agricole internationaux ainsi que d'autres entités étaient les garants de la diversité génétique et la développaient dans l'intérêt de tous, sans faire de déclarations de propriété du matériel génétique.

Aujourd'hui, le contexte de l'innovation agricole est très différent, les financements publics ont décliné, la science est de plus en plus propriétaire et la recherche agricole est de plus en plus financée et initiée par le secteur privé. La biotechnologie, la libéralisation du commerce et les régimes de propriété intellectuelle sont en train de changer les incitations à la recherche.

Dans les pays industrialisés, l'investissement dans la recherche agricole privée a crû deux fois plus rapidement que celui de la recherche publique depuis 1981. Depuis 1993, la recherche privée a dépassé la recherche publique aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Le fossé technologique entre les pays industrialisés et ceux en développement s'est creusé. Selon une récente évaluation, les firmes privées consacrent annuellement 10,8 milliards de dollars à la recherche, dont seulement 0,8 milliard de dollars sont dépensés dans les pays en développement. Cette asymétrie ainsi que le fameux fossé en termes de savoir doivent être résolus dans les années à venir.

Malgré l'extraordinaire croissance enregistrée par bien des secteurs, peu d'investissements privés ciblent spécifiquement le développement de produits destinés aux populations rurales démunies. Naturellement, il existe une faible incitation commerciale pour développer de tels produits, comme c'est le cas des technologies adaptées aux cultures vivrières, des productions écologiques et des besoins de développement d'agglomérations rurales marginales, parce que les marchés sont trop petits ou trop pauvres pour être rentables.

La tendance croissante à la privatisation de la propriété intellectuelle aggrave cette situation. Les restrictions des transferts technologiques entravent la liberté des chercheurs travaillant dans l'intérêt public. Le problème est que cette situation risque de précipiter dans l'oubli des domaines scientifiques moins rentables.

Le développement du "riz doré" riche en vitamine a montré tant les défis que les solutions qui se posent dans un nouvel environnement. Le riz doré, qui recèle de grandes promesses pour éradiquer la principale source de cécité et de déficience immunitaire dans les pays les plus pauvres, a été développé grâce aux technologies protégées par près de 70 brevets déposés par 30 organisations différentes. Toutefois, l'exemple du riz doré montre également comment les secteurs privé et public peuvent travailler de concert pour surmonter de telles restrictions et développer des technologies dans l'intérêt public.

Le secteur privé doit se rallier à la cause pour veiller à ce que les pauvres bénéficient des meilleures nouvelles technologies agricoles. Cette démarche doit entrer dans le cadre d'un effort de coordination et de coopération avec le secteur public.

Opposer le secteur public au privé ne mène souvent qu'à l'impasse et à l'inaction. Il est nécessaire de trouver une position intermédiaire via une politique conciliant public et privé éclairé. Une science et technologie efficaces requièrent un juste équilibre et une communication entre organisations de recherche publiques et privées réalisée via le dialogue et un partenariat. Chaque secteur apporte ses capacités et ses ressources uniques indispensables à l'innovation et à la croissance économique à long terme.

Il est encourageant de remarquer que de nouveaux mécanismes sont explorés et développés tant au sein des institutions établies que des entités entièrement nouvelles. Par exemple, l'une des institutions mondiales leader réunissant le secteur privé et public est le Groupe Consultatif sur la recherche agricole internationale (GCRAI)- une alliance stratégique réunissant investisseur public et privé ainsi que des centres agricoles internationaux qui mobilisent le meilleur de la technologie scientifique pour la mettre au bénéfice des pauvres et de l'environnement. Cette alliance, via les efforts du comité secteur privé du CGIAR pour promouvoir le dialogue et les partenariats, a fait l'objet d'une déclaration de soutien signée par les dirigeants des principales compagnies agricoles du monde entier. L'objectif de cette déclaration est de renforcer la coopération entre le secteur privé et le secteur public pour promouvoir la recherche agricole et le développement agricole comme catalyseurs de croissance et de développement durable.

Les « programmes défis » multidisciplinaires et multinationaux du GCRAI offrent d'autres moyens innovants pour lever des fonds supplémentaires et des ressources en nature pour la recherche agricole internationale, y compris du secteur privé, pour cibler des problèmes d'importance mondiale.

Tandis qu'un nombre croissant d'entreprises souhaitent mettre leurs technologies à la disposition de l'aide humanitaire dans les pays pauvres ou menacées par la faim, leurs efforts ont été entravés par des préoccupations liées à la propriété intellectuelle, la protection de marchés commercialement importants et la responsabilité légale.

La Fondation africaine de technologie agricole propose une approche innovante au problème de la propriété intellectuelle. C'est un mécanisme consistant dans la création d'un environnement adapté au transfert gratuit de la technologie propriétaire au profit des fermiers pauvres pour résoudre la question des fournisseurs de technologie.

Une autre procédure de consultation mondiale a été initiée par la Banque mondiale pour obtenir les données des parties prenantes clé portant sur les opportunités, les risques et les enjeux associés à l'utilisation de la science et de la technologie agricoles pour réduire la faim et améliorer la vie à la campagne.

Il existe plusieurs joint-ventures entre les entreprises et les instituts publics pour une recherche adaptative en faveur des pauvres. Citons notamment Plantech (Japon) qui a cédé à l'Institut international de recherche sur le riz les droits d'utilisation du gène de résistance au stemborer dans tous les pays en développement. Mentionnons également l'offre réservée à l'Afrique de matériel génétique, respectivement breveté par Monsanto (Etats-Unis) et Syngenta, ex-Novartis (Suisse), pour la culture de patates douces résistantes aux virus et de mais résistant aux insectes.

Des politiques de soutien saines protégeant les intérêts des pauvres ainsi que des fournisseurs et utilisateurs de technologie sont essentielles au succès de nouvelles technologies améliorant la productivité tout comme la participation des parties prenantes. Une approche gagnant-gagnant à la propriété intellectuelle est nécessaire pour fournir des incitations à la recherche privée tout en maintenant l'accès des pauvres à la technologie pour des raisons de sécurité alimentaire et pour éviter le détournement du savoir traditionnel.

Pour que la technologie ait un impact optimal sur l'amélioration de l'agriculture, les pays en développement doivent également offrir un environnement adapté via une bonne gouvernance et des politiques raisonnables (notamment en matière de propriété terrienne), stimuler les marchés par l'offre et les crédits, investir dans l'infrastructure et l'harmonisation régionale de l'environnement réglementaire.

Les pays doivent être assistés dans le développement de la capacité scientifique et institutionnelle pour déterminer : quelles nouvelles technologies existent, quelles sont celles qui correspondent à leurs besoins, comment les obtenir et les gérer et enfin comment développer des régimes réglementaires relatifs à la biosécurité appropriés à leur introduction dans le pays.

Les secteurs public et privé continuent de démontrer leur volonté d'explorer des méthodes innovantes de coopération. Il incombe aux dirigeants tant du secteur privé que public de veiller à ce que les partenariats public privé rapportent des bénéfices technologiques à tous les secteurs de la société.

Pour de plus amples informations :

La Fondation africaine de technologie agricole: www.aftechfound.org

World Bank International Assessment of Agricultural Science and Technology: www.agassessment.org

Science and Intellectual Property in the Public Interest (SIPPI): http://sippi.aaas.org

Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR) Secretariat

cgiar@cgiar.org

+1 202 473 8951

www.cgiar.org

 
Partenaires stratégiques
Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR) Rezidor SAS Business in the Community International Center for Alcohol Policies Fédération Internationale de l'Industrie du Médicament (FIIM)